|
Edito - Décembre 2011 |
C+O2 <-> CO2
Ce n’est pas nouveau, c’est le principe de la fonction chlorophyllienne, et nous avons tous entendu cela, sous une forme ou sous une autre, à l’école, quel que soit le niveau de notre scolarité.
Traduction et application pratique : nos forêts contribuent directement au stockage du gaz carbonique atmosphérique. Non contentes de rendre cet éminent service qui atténue l’emballement de l’effet de serre et le réchauffement climatique induit, elles l’accompagnent par la fourniture du bois, matériau et combustible, indispensable a toutes sociétés humaines et par la production d’oxygène, source de vie universelle. L’année internationale de la forêt s’achève, hélas, sur le constat d’un niveau mondial d’émission de CO2 toujours plus élevé. Triste record, qui appelle un engagement renforcé de toutes les nations en faveur des forêts.
Très bien, allez-vous penser, mais chez nous, concrètement, quels sont nos moyens d’agir, au dela de cette prise de conscience que nous devons faire partager à nos concitoyens ? La réponse repose sur quelques principes de bon sens, dont notamment celui de privilégier l’usage du matériau-bois aussi souvent que possible, ce qui implique que nos objectifs sylvicoles soient fermement maintenus vers la production de bois d’oeuvre. Le bois-énergie suivra, la ou les conditions de production ne permettent pas d’atteindre cet objectif, ainsi que dans tous les sous-produits de la sylviculture et les produits connexes de la transformation des bois.
Nous pouvons aussi améliorer les performances de la forêt en matière de captage de carbone.
D’abord, et cela est surtout vrai pour les secteurs les moins boisés de notre région, en poursuivant une politique volontariste de création de boisements nouveaux. Ensuite, pour les secteurs plus forestiers, en activant notre sylviculture, par le choix d’essences à forte croissance et d’itinéraires sylvicoles dynamiques. L’orientation bois d’oeuvre implique également tailles de formation et élagages, garantie de la valeur des produits.
La contribution de la forêt au stockage du carbone et les adaptations de la gestion forestière pour de meilleures performances sur la qualité de l’air, font l’objet de démarches prospectives dans différentes régions françaises. En Pays de la Loire, le Pays "Vallées de la Sarthe" (72) et le Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement "Loire et Mauges" (49) ont lancé une telle démarche, à laquelle le CNPF participe, ainsi que les chambres d’agriculture, davantage concernées par les haies bocagères.
Cette connaissance de mécanismes complexes est nécessaire au choix des investissements forestiers les plus efficaces pour augmenter les quantités de carbone stockées et à la fourniture d’argumentaires scientifiques propres à décider d’éventuels financeurs de ces investissements. Fonds publics ? Fonds privés ? Sans doute un peu des deux, le retour à la forêt de "crédits carbone" paraissant un juste retour des choses.
Aujourd’hui, les marchés volontaires, proposés par des entreprises souhaitant afficher leurs engagements environnementaux, commencent à fonctionner. Demain, souhaitons que les marchés réglementaires bénéficient également à nos forêts.
C’est le voeu que je formule à l’aube de cette année 2012. Excellente année a tous.